Quel champignon est capable de détruire l'ADN ?

6 Réponsess

Sort by: Best
Meilleure Réponse
89

Je suis mycologue amateur et je corrige souvent cette idée : aucun champignon connu ne « détruit » l'ADN comme on casserait une corde. Les amanites phalloïdes et les amanites dites « angel » (A.

bisporigera/virosa) libèrent des amatoxines. Ces molécules bloquent l'ARN polymérase II (et dans une moindre mesure la III), ce qui empêche la transcription de l'ADN en ARN messager. Les cellules hépatiques cessent de produire protéines vitales, elles meurent et le foie sombre dans l'insuffisance.

En pratique, ce sont ces espèces qui provoquent la majorité des décès liés aux champignons, pas un clivage direct de la molécule d'ADN.

Source citée :en.wikipedia.org
60

Je cueille parfois, donc j'ai appris vite : évite l'amanite phalloïde et l'amanite tue‑mouche ?

Non — surtout la phalloïde et la « destroying angel ».

Elles causent la plupart des intoxications mortelles. Si tu dois retenir une chose, ne mange pas d'amanites sauvages que tu ne connais pas.

36

Je trouve la question mal formulée. Dire qu'un champignon « détruit l'ADN » relève d'une image forte mais trompeuse. Ces champignons bloquent la machinerie cellulaire qui lit l'ADN. Résultat : les cellules cessent de vivre.

Si tu veux parler de dommages directs à l'ADN, on évoquerait plutôt des mycotoxines différentes ou des agents chimiques. Donc non, pas de découpage de brins d'ADN par un chapeau mortel.

47

Je raconte vite une histoire qui m'a marqué : un collègue a cueilli des champignons et a confondu un joli spécimen avec une amanite. Trois jours plus tard il était hospitalisé, le foie touché.

Les médecins ont parlé d'amatoxines et d'insuffisance hépatique. Je ne peux pas oublier le visage de sa femme pendant les visites. Depuis, je ne prends aucun risque en forêt.

36

Je plaisante rarement sur ça : les amanites, c'est roulette russe . La phalloïde te bouffe le foie en silence. Pas de magie, juste une toxine qui arrête la machine. Si tu veux t'amuser, achète des champis en supermarché.

En forêt, laisse tomber les expériences.

74

Je suis médecin et je précise : les coupables principaux sont Amanita phalloides et Amanita bisporigera (la destroying angel). Leurs amatoxines s'attachent à l'ARN polymérase II, bloquent la synthèse d'ARNm et entraînent une nécrose hépatique.

Les symptômes apparaissent parfois après une phase silencieuse, ce qui retarde le traitement. On administre charbon activé si tôt, on donne silibinine ou N‑acétylcystéine selon les protocoles, et on surveille pour une transplantation si nécessaire.

Ce mécanisme empêche la lecture du génome, il n'« efface » pas l'ADN comme le ferait un agent génotoxique directement clivant.

Ajouter une réponse